Onomométrie

 

A = 1, B = 2, C = 3, etc. À chaque lettre de l’alphabet correspond un nombre. La mesure, millimètre, pouce ou autre, mais toujours de longueur, est choisie en fonction du format souhaité pour l’œuvre finie.

À toutes les lettres d’un nom, ou d’une phrase, ou d’un texte, on fait correspondre ainsi un segment. Les extrémités de ces segments alignés sur un axe constituent une structure oupeinpienne utilisable ad libitum. Pour les Portraits onomométriques vus de face, la longueur des segments détermine les proportions du visage et remplace les canons classiques – dont il n’est pas besoin de démontrer ici l’arbitraire et les fortes variations selon les époques. La première ligne horizontale marque le haut de la tête, la deuxième le haut du front (implantation des cheveux), la troisième les sourcils, la quatrième les pupilles des yeux, la cinquième la base du nez, la sixième la fente de la bouche, la septième la pointe du menton, les suivantes les « accessoires inférieurs » tels que double ou triple menton, extrémité de la barbe, nœud de cravate et, si le nom possède beaucoup de lettres, tous les boutons d’une redingote. En revanche, malheur à ceux dont le nom comporte moins de six lettres : le bas du visage leur manque…

En utilisant mes points onomométriques comme passages obligés pour toutes les sécantes d’un axe vertical, j’ai réalisé un Autoportrait – ressemblant ! On pourrait encore disposer les points sur deux axes perpendiculaires et exécuter un portrait, voire une scène de genre ou de bataille, en coordonnées onomométriques.