Métapuncture rayonnante

Portrait de l’auteur à pied, impression numérique, 20 x 28 cm, insérée dans les exemplaires de tête des Formes cyclistes de Paul Fournel, Au crayon qui tue, éditeur, 2012.

La Métapuncture est au potentiel comme l’acupuncture à la médecine : il s’agit de repérer et d’utiliser des points décisifs, en vue d’un certain résultat qui sera une oeuvre, non de santé, mais de Pein.

Le nom de Métapuncture est issu d’une faute de lecture chez un éditeur lors d’une publication de l’Oupeinpo, faute qui fut précieusement conservée par votre serviteur parce qu’elle conférait à la notion ainsi forgée une sorte d’autorité extérieure, indemne de toute subjectivité «artistique ».
Soit un texte à illustrer. On tient à ce que l’illustrationsoit rigoureuse, c’est-àdire contrainte par le texte même, et non pas livrée aux seules interprétations et évagations de l’artiste. On élit le titre du texte, ou on lui en donne un, qui sera aussi le titre de l’illustration. On divise la feuille en deux. L’une des moitiés contiendra le texte, l’autre l’illustration. On marque le centre exact du papier. Dans le texte manuscrit ou typographié, on repère les lettres du titre, qui s’y trouvent disséminées (au besoin, on a créé un titre dont toutes les lettres sont puisées dans le texte). Dans la partie vierge de la feuille on marque les symétriques de ces points par rapport au centre. On se trouve alors avec un semis de points dont la distribution est tout sauf arbitraire puisqu’elle résulte du texte même à illustrer. Par tous ces points on fait passer un dessin qui, bien entendu, doit aussi illustrer le texte au sens ordinaire. On obtient ainsi une véritable illustration sous contrainte, une illustration littéralement « symétrique » du texte.
La Métapuncture rayonnante est une des méthodes inventées à l’Oupeinpo pour obtenir sur une surface des points par où faire passer un dessin. La première du genre fut la Cassification, qui utilise la casse typographique comme matrice de répartition des lettres d’un texte sur une surface.
L’Apparition des G, qui exploite toutes les occurrences d’une même lettre dans une page typographiée, procède différemment mais avec une finalité identique (on envoit un exemple parmi les « dopages visuels » qui illustrent les Formes cyclistes de Paul Fournel).
Le terme de Métapuncture a été utilisé pour désigner l’obtention de points par intersection de deux dessins superposés. La Métapuncture rayonnante a paru adéquate au portrait d’un cycliste, même descendu de vélo : le centre de symétrie y est comme le moyeu d’une roue dont les rayons lient le dessin au texte.